Le Riaed était "nominé" pour le prix européen de l’énergie durable dans la catégorie "Coopération"… C’est le projet Fo.R.Agri qui l’a finalement emporté

Le 29 janvier 2008, la Commission Européenne a remis les prix européens de l’énergie durable à six projets remarquables. Le RIAED avait été un des six projets nominé parmi plus de 240 projets candidats pour concourir dans la catégorie Coopération. C’est un des deux projets Coopener ainsi honoré par cette sélection, un des rares projets francophones aussi… Parions qu’on fera encore mieux la prochaine fois !

La semaine des Energies Durables de l’Union Européenne s’est déroulée du 28 janvier au 1er février 2008 dans tous les États membres. Plus de cinq mille manifestations ont été organisées. Dans ce cadre, Le moment fort a été la cérémonie de remise des prix européens de l’énergie durable à des projets « remarquables » de la Commission européenne dans le domaine des énergies durables.

La Commission européenne a récompensé six projets remarquables dans le domaine des énergies durables. Les six projets lauréats issus de quatre États membres de l’Union – Italie, Autriche, Hongrie et France – se sont vu remettre un trophée au cours de la cérémonie de remise des prix européens de l’énergie durable qui s’est tenue dans le cadre prestigieux du Concert Noble à Bruxelles.

Les lauréats 2008 ont été désignés, parmi 240 projets présélectionnés, par un comité de sélection indépendant, comportant des représentants d’acteurs clés de l’énergie au niveau régional, national et européen. Les prix ont été décernés dans les catégories suivantes : « programmes de coopération », « démonstration et diffusion », « transformation du marché », « promotion, communication, éducation » et « communauté ». Un sixième prix, le prix spécial, a été décerné au projet le plus prometteur.

Les projets lauréats sont les suivants :

  • Desire – Development and Sustainability with International Renewable Energies Network (développement et durabilité avec le réseau international d’énergies renouvelables) (ENEA, Italie). Le programme « Desire » vise à promouvoir les énergies renouvelables, en se fondant sur un système de formation par voie électronique (« E-learning ») destiné aux pays d’Europe orientale et du sud de la Méditerranée.
  • Fo.R.Agri – sources d’énergie renouvelables en agriculture dans la province de Mantoue (par l’agence énergétique AGIRE – Mantoue, Italie). L’un des objectifs de ce projet est de produire localement de l’énergie durable pour une utilisation agricole locale. Ce programme comprend, notamment, la création de deux coopératives de production de bioénergie de haute technologie qui produisent du biogaz, ainsi qu’un programme de recherche et d’expérimentation pour une centrale innovante de production d’énergie à partir de la biomasse.
  • ÖKOPROFIT (ville de Graz, Autriche). Le programme « Écoprofit » a aidé des sociétés privées à optimiser leur consommation d’énergie et à susciter des gains de productivité, ainsi que des réductions de coûts. Il a été maintenant adopté dans plusieurs autres régions européennes.
  • Intégration de l’apprentissage actif et de la maîtrise de l’énergie aux programmes scolaires – AL (Innoterm Energetics, Hongrie). 16 partenaires répartis dans 14 pays européens participent à ce projet qui sensibiliser davantage les enfants aux économies d’énergie. Les écoles participant à ce projet ont pu réduire leur facture énergétique d’environ 15%.
  • Plan d’action de la province de Milan pour l’efficacité énergétique (Province de Milan). De nouvelles règlementations de la construction ont été introduites pour améliorer l’isolation des maisons et les systèmes de chauffage. Un système d’homologation énergétique et des centres d’information sur l’énergie ont également été mis en place pour une meilleure communication vers le public.
  • Un prix spécial pour le projet le plus prometteur a été décerné au projet MODEL Management of Domains related to Energy in Local authorities (Gestion des domaines liés à l’énergie dans les collectivités locales) (Énergie-Cités, France). MODEL est un tout nouveau projet destiné à dix nouveaux États membres de l’Union européenne et à la Croatie. Son objectif est d’aider 34 municipalités à devenir de véritables modèles en termes de consommation d’énergie durable.

René Massé

Europe : publications de l’European Biofuels Policy (EBP)

Ce programme de recherche est destiné aux acteurs européens engagés dans des politiques de valorisation des biocarburants. Il rassemble les données détaillées, produit des analyses comparatives de programmes… apportant ainsi matière à réflexion et préparant les décisions politiques des États membres de l’Union européenne. Mais, ces analyses ne sont pas sans intérêt pour les pays en développement : d’une part, ils bénéficieront de certaines informations techniques, et d’autre part, ils auront de l’intérêt pour les analyses qui les impliquent en amont des filières d’approvisionnement en biocarburants.

Pour de plus amples informations : ebp-gem@sciences-po.fr

Coordinateur du programme : M. Luiz Fernando do Amaral

Courriel : luiz.amaral@sciences-po.org

Tél : +33 (0)6 37 60 14 25

Introduction au Groupe d’Economie Mondiale de Sciences Po (GEM)

La richesse d’une nation dépend largement de la qualité de ses institutions et régulations, donc de sa capacité à les évaluer. Le Groupe d’Economie Mondiale de Sciences Po (GEM) est un centre de recherche indépendant qui cherche à promouvoir, en France et en Europe, cette indispensable « culture de l’évaluation » dans le monde ouvert du début du XXIème siécle. Depuis 2004, le GEM mène cet objectif dans le cadre d’une initiative commune avec l’AEI-Brookings Joint Center for Regulatory Studies.

Parallèlement à la gamme de problématiques commerciales et de réformes régulatoires, le GEM traite quatre problèmes dont le programme « The European Biofuels Policy » (EBP).

The European Biofuels Policy (EBP)

L‘European Biofuels Policy (EBP) est un programme de recherche, conduit par le GEM depuis mars 2007. L’objectif du programme est de fournir des données détaillées et des analyses de fond sur les mesures prises par les pays européens dans le domaine des biocarburants. Le but est de faciliter l’évaluation des politiques – actuelles et futures – menées dans ce secteur et de permettre d’établir des comparaisons internationales afin de contribuer au débat public. EBP vise également à proposer et à promouvoir des alternatives aux politiques actuellement menées, sur la base d’analyses économiques objectives et constructives.

Publications récentes de EBP

Voici quelques publications récentes intéressantes (en anglais) :

  • « Biofuels : at what Cost ? Government support for ethanol and biodiesel in the European Union »Global Subsidies Initiative

    Par Géraldine Kutas, Carina Lindberg et Ronald Steenblik

    Octobre 2007

    Disponible en libre téléchargement sur ce site ou en bas de cet article.

  • « Ethanol boom in the US : an export opportunity for the Caribbean and Central American countries ? »Revue Visages d’Amérique Latine

    Par Luiz Fernando do Amaral et Géraldine Kutas

    Septembre 2007

    Disponible en libre téléchargement sur ce site ou en bas de cet article.

  • « EU and US Policies on Biofuels : Potential Impacts on Developing Countries »German Marshall Fund of the United States

    Par M.S. Jank (coordinateur), G.Kutas, A. M. Nassar et L.F do Amaral.

    Mai 2007

    Disponible en libre téléchargement sur ce site ou en bas de cet article.

  • Statistiques récemment mises en ligne :
    • Production et capacité de production de biodiesel et de bioéthanol de l’Union européenne ;
    • Utilisation actuelle et future d’intrants agricoles dans la production européenne d’éthanol (télécharger ce document en anglais sur cette page) ;
    • Utilisation actuelle et future des surfaces oléagineuses européennes pour la production de biodiesel (télécharger ce document en anglais sur cette page).

René Massé

Europe : des scientifiques de la Commission européenne dénoncent l’inefficacité environnementale et le coût du programme biocarburant préconisé pour l’Union européenne

La politique de promotion des biocarburants décidée par la Commission européenne ne contribuera pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et son coût excèdera largement ses bénéfices ! Telle est la conclusion d’une étude de travail réalisée par le Joint Research Center (JRC) de la Commission européenne.

En mars 2007, l’Union européenne a décidé de porter de 2% à 10% en 2020 la part des biocarburants dans le transport, en réponse à la crise du pétrole, au problème de sécurité des approvisionnements et à celui des changements climatiques.

Pour éviter les risques de compétition entre la valorisation énergétique des productions agricoles et leurs usages alimentaires, ce programme implique de développer de nouvelles technologies, une seconde génération de biocarburants produits à partir de ressources qui ne font pas concurrence avec les aliments.

La Commission doit présenter le 23 janvier 2008 une législation détaillée destinée à promouvoir le développement et l’utilisation de ces énergies alternatives au pétrole.

Problèmes soulevés par l’étude

En se référant à l’analyse de coût-bénéfice (qui n’a pas été formellement approuvée par la Commission), ce programme sera extrêmement couteux et ne génèrera ni réduction de gaz à effets de serre, ni création d’emplois.

  • Réduction de gaz à effets de serre (GES) : « L’incertitude est trop grande pour pouvoir dire si l’objectif de pénétration de 10% de biocarburant dans les transports en Union européenne permettra de réduire les émissions de GES ou non ». Les émissions indirectes dues à la conversion de terres arables ou de forêts en biocarburants et le déplacement de la production de produits agricole pour l’alimentation et l’élevage à l’extérieur de l’Union européenne peuvent « réduire à néant les réductions liées à l’utilisation de biocarburants dans l’Union européenne ». Cette étude ajoute : « Les procédures de certification sont nécessaires, mais ne peuvent pas effacer ce problème ». L’étude ajoute qu’avec les mêmes ressources financières, il aurait été plus efficace en terme de réduction des émissions de GES de transformer la biomasse en électricité
  • Création d’emplois : l’étude indique que la création d’emplois dans le secteur des biocarburants sera largement compensée par la destruction d’emplois dans d’autres secteurs affectés par ce programme biocarburant : en conséquence, ces scientifiques estiment que l’effet en termes de création nette d’emplois sera « insignifiant ».
  • Coût-bénéfice : « Les coûts vont probablement excéder les bénéfices » prévoit l’étude, qui évalue ce différentiel entre 33 et 65 billions d’Euros, avec une probabilité de 80%.

Les réactions

Une porte parole de la Commission européenne, cité dans le Financial Times, indique que ce rapport de JRC n’a pas été revu par ses paires. Ce n’est qu’une contribution au débat.

M. Rob Vierhout, secrétaire général de l’association européenne du carburant bioéthanol (eBIO) rappelle également que ce rapport n’a aucune valeur officielle n’ayant pas encore été révisé, accusant au passage le groupe de scientifiques de la JCR de partialité à l’encontre des biocarburants, et regrettant de n’avoir pas été admis à participer à cette étude.

Dans un communiqué de presse, l’European Biodiesel Board (EBB) indique que l’objectif de 10% de biocarburant représente un « pas en avant déterminant ». Il souligne que l’usage de biocarburants permettra de réduire de 50% à 90% les émissions de GES suivant la nature des ressources valorisées. Le vrai risque pour l’EBB n’est pas de promouvoir les biocarburants, mais plutôt de ne rien changer dans nos pratiques et de continuer à utiliser des carburants pétroliers dans les transports.

Franke Thies, de Greenpeace estime par contre que ce programme biocarburant pourrait saper les objectifs de promotion des énergies renouvelables de l’Union européenne, car il impose une valorisation inefficace de la biomasse. Il serait bien plus performant de l’utiliser dans les secteurs de l’électricité et de la chaleur : aussi Greenpeace demande t’elle d’abandonner l’objectif de 10% de biocarburant dans les transports en 2020.

Adrian Bebb des Amis de la Terre a déclaré : “ maintenant, je ne vois pas comment la Commission peut persévérer avec son programme de biocarburant ».

Ariel Brunner, responsable des questions de politiques agricoles européennes à la BirdLife International, est du même avis : « Maintenant que même les experts de la Commission le reconnaissent, il est temps de mettre à l’écart ce programme biocarburant… ».


Source : un article diffusé le 18 janvier 2008 sur le site EurActive.com
(en anglais).

René Massé

"Journées Mondiales de l’Energie Durable"

C’est la plus importante Conférence annuelle en matière d’Energie durable en Europe. En 2007, elle a attiré plus de 1 000 décideurs et experts originaires de 61 pays.

Les « World Sustainable Energy Days » (Journées mondiales de l’Energie durable) se tiendront du 5 au 7 mars 2008 à Wels, en Autriche.

La Conférence Annuelle en matière d’Energie Durable en Europe proposera une combinaison unique d’évènements :

En parallèle à la Conférence, se tiendra « l’Energiesparmesse », Salon dédié aux sources d’énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, qui chaque année accueille 100 000 visiteurs.

La présentation des Posters, un élément-clé du programme de la Conférence, offrira la possibilité de présenter à une audience de professionnels, des projets couronnés de succès en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.

Pour de plus amples informations sur les programmes prévisionnels de chacun de ces évènements, sur les modalités de participation aux poster, à l’organisation de votre séjour etc. vous pouvez visiter le site Internet de la conférence (www.wsed.at, où vous trouverez également le formulaire d’inscription pour l’exposition.

Ce site Internet de la Conférence sera mis régulièrement à jour dans les mois à venir.

Les frais d’inscription de la Conférence s’élèvent à 250 Euro HT pour l’ensemble des conférences et à 70 Euro HT pour les visites techniques (TVA de 10% en sus).


Pour toutes questions complémentaires :

  • Contacter le Secrétariat : Tél. + 43-732-7720-14386,
    Courriel : office@esv.or.at

Christiane Egger, René Massé

Suisse : la Fondation centime climatique achète 12 500 certificats de Kyoto au Honduras

La Fondation centime climatique a enregistré sur le compte du registre national du commerce suisse des émissions de CO2 ses premiers 12 500 certificats de Kyoto étrangers. Ils proviennent d’un projet de production de biogaz au Honduras.

Constituée en août 2005, la Fondation centime climatique regroupe notamment l’Union pétrolière suisse, economiesuisse et le Touring Club Suisse. Le centime climatique est une mesure volontaire de l’industrie pétrolière destinée à réduire les émissions de CO2 conformément à l’accord de Kyoto.

Chaque certificat correspond à une tonne de CO2 évitée, a indiqué la fondation. Au Honduras, du biogaz est obtenu à partir des eaux usées de la production d’huile de palme. Ce gaz permet de générer de l’électricité qui est injectée dans le réseau local. Le projet a été conçu par le WWF.

Pour atteindre ses objectifs, la fondation prévoit d’acquérir dix millions de certificats de Kyoto à l’étranger, issus de projets de protection climatique de haute qualité. Jusqu’ici, des contrats pour 7,7 millions de tonnes de réduction de CO2 ont été signés.

Les certificats seront transférés sur le compte national de la fondation jusqu’en 2013. La fondation, elle, les transmet gratuitement à la Confédération afin de permettre à la Suisse de respecter ses engagements de Kyoto, c’est à dire de baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 8% par rapport à 1990 d’ici 2012.

La Fondation centime climatique

La Fondation Centime Climatique est une mesure volontaire des milieux économiques suisses pour une protection efficace du climat. Elle s’est engagée auprès de la Confédération à réduire, au cours de la période 2008 à 2012, neuf millions de tonnes de CO2, dont au moins un million de tonnes en Suisse.

La Fondation Centime Climatique est financée par une redevance de 1,5 centimes par litre prélevée sur toutes les importations d’essence et de diesel. Au total, la fondation disposera sur la période 2008-2012 de quelque 735 millions de francs suisses.

  • 375 millions de francs suissesseront investis dans des projets nationaux relevant des domaines de la rénovation des bâtiments, des transports, de la chaleur industrielle, de l’utilisation de la chaleur résiduelle et de la chaleur ambiante.
  • A l’étranger, 210 millions de francs suisses seront affectés à l’achat de certificats de Kyoto.
  • Une réserve stratégique de 150 millions de francs suisses sera conservée.

Comment soumettre un projet au financement de la Fondation ?

Dans le cadre des Programmes de Financement de projets de la Fondation, il existe deux possibilités de soumettre une demande de projet.

  • Programme Enchères : afin de pouvoir participer à l’une des enchères, votre projet doit réaliser des réductions d’émissions d’au moins 1 000 tonnes de CO2 au cours de la période 2008-2012.
  • Programme Projets à grande échelle : le programme vise des projets sélectionnés qui réalisent des réductions d’émissions de plus de 10 000 tonnes de CO2 au cours de la période 2008-2012.

Le dépôt d’une demande ne peut s’effectuer qu’après décision de la Fondation centime climatique. Veuillez adresser vos questions au Directeur pour la Suisse, Monsieur Thomas Schmid. Il est à votre disposition au numéro de téléphone 044 387 99 03 ou par courriel à thomas.schmid@stiftungklimarappen.ch.

Le détail du processus de sélection de projet est disponible en ligne, sur cette page du site de la Fondation.


Source : un article diffusé le 14 janvier 2008 sur le site Edicom – L’actualité suisse et internationale.

René Massé

Commission européenne ; Semaine des énergies durables dans l’Union européenne

Dans le cadre de la Campagne « Europe pour les énergies durables », la Commission européenne organisera pour la seconde année la European Union Sustainable Energy Europe, du 28 janvier au 1er février 2008, à Bruxelles et dans différents pays de l’Union.

L’European Union Sustainable Energy Week – EUSEW – est devenu un évènement majeur pour les acteurs des programmes d’énergie durable en Europe.

Sous couvert de la Campagne Europe pour les énergies durables (Sustainable Energy Europe Campaign), la Direction générale pour l’Energie et les Transports de la Commission européenne, les Institutions européennes, la Présidence Slovène, et les organisations internationales du secteur des énergies durables organisent pour la seconde fois la Semaine des énergies durables dans l’Union européenne (EU Sustainable Energy Week – EUSEW-).

Durant cette semaine de manifestation en Europe, toutes les problématiques seront abordées, depuis les énergies renouvelables jusqu’à l’efficacité énergétique, de la politique européenne au projet local, des énergies distribuées à la planification, des technologies aux marchés, de la législation à la formation, des bâtiments aux transports…

La grande majorité des évènements portent sur des problématiques européennes de l’énergie. Deux manifestations (au moins) concernent l’accès à l’énergie dans les pays en développement :

  • La réunion sur « les énergies renouvelables pour l’électrification rurale : une combinaison gagnante – gagnante », organisée le 28 janvier 2008 à Bruxelles par Alliance for Rural Electrification (ARE) ;
  • La cérémonie de remise des Awards 2008 de la Sustainable Energy Europe Awards, le 29 janvier 2008 à Bruxelles, cérémonie pour laquelle le RIAED est Nominé !

Pour plus d’informations sur ces manifestations et/ou pour y participer, vous devez préalablement vous enregistrer gratuitement sur le site du EUSEW 2008. Sur ce site en anglais, vous devez commencer par créer un compte (« create an account ») et vous enregistrer (« register ») aux évènements auxquels vous souhaitez participer.

René Massé

Les énergies renouvelables pour l’électrification rurale : une combinaison gagnante – gagnante

Alliance for Rural Electrification (ARE) organise une journée de rencontres sur ce thème, dans le cadre des manifestations de la « Semaine des énergies durables dans l’Union européenne » programmées par la Commission européenne.

Cette rencontre aura lieu à Bruxelles, dans le bâtiment Charlemagne de la Commission européenne, le lundi matin 28 janvier 2008.

Sous couvert de la Campagne Europe pour les énergies durables (Sustainable Energy Europe Campaign), la Direction générale pour l’Energie et les Transports de la Commission européenne, les Institutions européennes, la Présidence Slovène, et les organisations internationales du secteur des énergies durables organisent pour la seconde fois la Semaine des énergies durables dans l’Union européenne (EU Sustainable Energy Week – EUSEW-). Elle se déroulera du lundi 28 janvier au vendredi 1er février 2008, à Bruxelles et dans différents pays de l’Union.

L’objectif est de présenter les activités de l’Alliance pour l’électrification rurale et celles de ses membres. L’ARE souhaite aussi profiter de cette audience internationale pour se faire l’avocat des énergies renouvelables dans la lutte contre la pauvreté et contre les changements climatiques… message destiné aux responsables des actions européennes futures dans le domaine des énergies renouvelables et de l’électrification rurale.

Il s’agit encore de replacer les débats sur l’électrification hors réseaux au centre des échanges européens sur les énergies renouvelables.

Pendant toute la semaine, ARE tiendra un stand sur les énergies renouvelables et l’électrification rurale dans les PED.


Pour plus d’informations sur cette rencontre, l’agenda des interventions, comme aussi pour s’y inscrire, visiter cette page du site de l’EUSEW (EN)

René Massé

Les énergies renouvelables pour la climatisation et le chauffage

Ce rapport, publié par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), analyse les technologies, les marchés et les coûts de la production de froid et de chaleur à partir de la biomasse, de l’énergie solaire et de la géothermie. A travers quelques études de cas, il propose aussi une évaluation des politiques nationales et conclut qu’une mise en œuvre ciblée des politiques dans d’autres pays pourrait favoriser l’exploitation de ce potentiel économique presque vierge, celui de la climatisation et du chauffage basé sur les énergies renouvelables.

« Renewables for heating and cooling. Untapped potential »

Publication de l’Agence Internationale de l’Energie,
212 pages en anglais

2007

Ce rapport est structuré en 5 chapitres, 10 annexes technico-économiques et 13 annexes pays :

  • Le chapitre 1, introductif, rappelle les bases de la climatisation et du chauffage à partir des énergies renouvelables.
  • Le chapitre 2 présente les technologies (solaire thermique – actif et passif -, bioénergies – combustion, digestion, gazéification -, et la géothermie), en différenciant leurs niveaux de maturité, et en insistant sur les applications et la compétitivité.
  • Le chapitre 3 analyse l’état de commercialisation de chacune des technologies, les barrières et défis de chacun des marchés, les prévisions de coûts et de compétitivité d’ici 2030.
  • Le chapitre 4 analyse les politiques et mesures actuelles en faveur de la valorisation des énergies renouvelables pour la production du froid et de la chaleur et propose une synthèse sur les politiques de bonne pratique.
  • Le chapitre 5 propose, en guise de conclusion, une série de recommandations pour orienter des travaux ultérieurs.

Ce document, a priori orienté vers les pays du Nord (voir les annexes pays) est intéressant pour les pays du Sud où la climatisation représente une part importante des besoins énergétiques et qui ont un potentiel élevé en ressources énergétiques renouvelables. Les informations sur les technologies et les coûts faciliteront ainsi la réalisation des études de préfaisabilité.

Pour en savoir plus, voir le rapport en ligne sur cette page du site de l’IEA ou téléchargez le fichier ci-après.

Pépin Tchouate

Compenser pour mieux réduire : le marché de la compensation volontaire

Cette note fait un point très documenté sur ce qu’est la Compensation, comment cela fonctionne, les problèmes posés pour garantir son intégrité, l’état du marché et les prévisions d’évolutions, les acteurs… Des annexes apportent les données objectives.

« Compenser pour mieux réduire : le marché de la compensation volontaire »

Note d’études n°11, septembre 2007, de la Mission Climats de la Caisse des Dépôts française

- Auteurs : M. Valentin Bellassen et M. Benoît Leguet

- 40 pages.

La Compensation, qu’est-ce que c’est ?

Tout le monde a au moins entendu parler du protocole de Kyoto, des mécanismes de développement propre (MDP)… Ces protocoles et mécanismes impliquent les États et les très gros opérateurs, qui s’engagent à stabiliser et/ou réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et acceptent d’être pénalisés sinon…

La Compensation volontaire concerne tous les autres acteurs, c’est à dire nous, individus, entreprises, qui produisons des émissions de gaz à effet de serre par nos activités professionnelles et privées (déplacements par exemple). Nous ne sommes pas contraints à les réduire par les protocoles de Kyoto, notre contribution ne peut être que volontaire.

Nous pouvons déjà réduire au quotidien notre « empreinte » carbone en économisant l’énergie chez nous, en choisissant une voiture sobre et en ne l’utilisant que lorsqu’elle est irremplaçable, etc. Mais ces pratiques ont des limites : comment par exemple éviter l’utilisation de l’avion pour un voyage d’agrément ou professionnel ? D’où l’idée, en complément de pratiques sobres en CO2, de compenser ses émissions en finançant une réduction d’émissions équivalente chez un autre acteur : par exemple, les émissions du voyage en avion seront compensées par une contribution volontaire au financement d’un projet d’énergie renouvelable qui a permi d’économiser la quote part de la quantités de CO2 émise par l’avion pour ce voyage.

C’est ce que proposent de nombreux prestataires spécialisés, dont six en France :

- > CO2Solidaire, créé en 2004

- > Action Carbone, créé en 2006

- > Climat Mundi créé en 2006

- > Eco-Act créé en 2006

- > Forest Avenir, créé en 2006
- > Urgence Climat, créé en 2007.

Les difficultés et la controverse

Au regard de l »impact sur l’environnement, la compensation est assurément pertinente : le rejet d’une tonne de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a en effet le même impact sur le réchauffement de la planète, quelqu’en soit le lieu d’origine. Donc : si j’émets 2 tonnes de gaz à effet de serre, que je compense par le financement d’un projet qui va économiser ces deux tonnes ailleurs, le bilan gobal pour l’environnement sera nul.

Mais le sujet reste compliqué et assez controversé.

La compensation pose à la fois des problèmes d’éthique et des problèmes de méthode.

  • Côté éthique, ce type de mécanisme n’est qu’une réponse ex-post au problème du changement climatique. On ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre à la source. On continue à prendre l’avion comme avant mais on paie quelques euros pour financer par exemple un projet de plantations d’arbres pour séquestrer du carbone. On peut se demander en fait quelle est la capacité de ce genre de système à induire les nécessaires changements de comportement (moins prendre l’avion par exemple…). Certaines experts en France parlent d’ « indulgences climatiques ».
  • Ensuite, il y a les questions plus techniques et méthodologiques. Aujourd’hui, beaucoup de compagnies aériennes, d’entreprises de l’industrie automobile, etc. proposent des systèmes de compensation (par souci d’image citoyenne). Chacun calcule un peu comme il veut la tonne de carbone émise pendant tel ou tel trajet (et son équivalent en euro). Il n’y a pas de méthode standard de calcul qui s’impose à tous. Le consommateur n’a aucun moyen de vérifier ce calcul, il paye. En outre, il n’y a pas encore de système de suivi pour s’assurer que l’argent versé permet bien de réduire les émissions de gaz à effet de serre : le consommateur n’a donc pas de garantie que son acte volontaire de compensation ira bien financer un projet de séquestration du carbone.

Un groupe de travail animé par l’ADEME tente de définir une Charte de bonne conduite : le Groupe Action-Climat des ONG française aussi

C’est notamment pour ces raisons que l’ADEME a mis en place un groupe de travail en 2007. Il se propose d’harmoniser les différentes démarches des prestataires qui opèrent en France. Les ONG françaises se sont aussi organisées au sein du Groupe Action-Climat pour structurer les pratiques et apporter aux consommateurs les garanties requises que leur acte volontaire aura les effets de compensation escomptés.


Quelques contacts utiles pour aller plus loin :

  • La Caisse des Dépôts, Mission Climat. Ce site propose d’autres notes techniques sur ces questions de séquestration du carbone également interessants.
  • CO2Solidaire : le GERES a été le premier à proposer un système de compensation à travers le site CO2Solidaire.org. Il publie une Lettre (diffusion numérique), abonnement gratuit sur le site.
  • L’ADEME s’implique dans les processus de changements climatiques ; ses activités sont présentées sur cette page de son site.
  • Le réseau Action-Climat France (RAC – F) : ce Réseau est une association spécialisée sur le thème de l’effet de serre et du changement climatique. Il est le représentant français du réseau mondial d’ONG concernées par les changements climatiques, le « CAN : Climate Action Network », qui comprend plus de 350 membres sur les cinq continents. Le RAC-F regroupe une quinzaine d’associations françaises de défense de l’environnement, d’usagers de transport, et d’alternatives énergétiques.
  • Volontary Carbon Offset – Information Portal, un site en anglais soutenu par SEI (Stockolm Environment Institut) et TUFTS, très riche d’informations sur la compensation.

René Massé

Banque mondiale : "Les biocarburants : d’importants débouchés accompagnés de risques"

Les biocarburants offrent une source potentielle d’énergie renouvelable et pourraient ouvrir de vastes marchés pour les agriculteurs.

Toutefois, peu de programmes de biocarburants sont économiquement viables, et la plupart d’entre eux ont un coût social et environnemental : tensions à la hausse sur les prix des produits alimentaires, intensification de la compétition autour des terres et de l’eau, voire déforestation.

Les stratégies nationales en matière de biocarburants doivent être fondées sur une évaluation approfondie des opportunités et des coûts.

Cette fiche provient du Rapport sur le développement dans le monde 2008 publié par la Banque mondiale sous l’intitulé : « L’agriculture au service du développement ».

Au niveau mondial, la baisse des droits de douane et des subventions dans les pays industrialisés jouera un rôle essentiel pour répartir efficacement la production des biocarburants et garantir des bénéfices sociaux aux petits agriculteurs des pays en développement.

Les biocarburants pourraient devenir d’importants marchés pour l’agriculture, mais non sans risques.

Alors que le cours du pétrole est presque à son maximum historique et qu’il existe peu de carburants alternatifs pour le transport, le Brésil, les États membres de l’Union européenne (UE), les États-Unis ainsi que d’autres pays soutiennent activement la production de biocarburants liquides issus de produits agricoles, généralement le maïs ou la canne à sucre pour l’éthanol et différents oléagineux pour le biodiesel. Parmi les principales raisons invoquées pour l’appui des pouvoirs publics aux industries des biocarburants, en croissance rapide, figurent les bénéfices environnementaux et sociaux, notamment la lutte contre le changement climatique et la contribution à la sécurité énergétique.

Cependant les effets économiques, environnementaux et sociaux des biocarburants sont largement débattus ; il convient donc de mener une évaluation attentive avant d’accorder des subventions publiques à des programmes de biocarburants de grande ampleur. Ces effets dépendent du type de culture, du processus de production et des changements dans l’utilisation des terres.

La production d’éthanol et de biocarburants dans le monde

La production mondiale de l’éthanol à des fins de carburant avoisinait les 40 milliards de litres en 2006, dont 90 % produits au Brésil et aux États-Unis (voir figure ci-dessous). En outre, environ 6,5 milliards de litres de biodiesel ont été produits en 2006, dont 75 % dans l’Union européenne.

Le Brésil transforme environ la moitié de sa production de cannes à sucre en éthanol et a rendu son utilisation obligatoire. De nombreux autres pays en développement lancent actuellement des programmes de biocarburant fondés sur la canne à sucre ou sur des plantes riches en huile, telles que le palmier à huile, le jatropha et le pongamia.

Les biocarburants sont-ils économiquement viables et quel est leur effet sur les prix des produits alimentaires ?

Même si les études sur le potentiel économique des biocarburants n’en sont qu’à leurs débuts, les programmes actuels en la matière pourraient multiplier par cinq la part des biocarburants dans le transport mondial – de 1 % aujourd’hui à environ 6 % en 2020.

Certains États apportent un appui substantiel aux biocarburants, afin qu’ils puissent faire concurrence à l’essence et au diesel conventionnel. Ces aides peuvent prendre la forme d’incitations à la consommation (réduction de la taxe sur le carburant), d’incitations à la production (fiscalité incitative, garanties sur les emprunts et subventions directes) et d’obligation de consommation. Aux États-Unis, plus de 200 mesures d’aides coûtent entre 5,5 et 7,3 milliards de dollars par an, représentant 0,38 à 0,49 dollar par équivalent en éthanol d’un litre d’essence. Même au Brésil, il a fallu jusqu’à récemment un soutien actif de l’État par des subventions directes pour développer une industrie compétitive. En outre, les producteurs de l’Union européenne et des États-Unis reçoivent des aides supplémentaires par le biais de droits de douanes élevés sur l’importation d’éthanol.

La production de biocarburants a poussé à la hausse les prix des matières premières. L’exemple le plus clair est celui du maïs, dont le cours a grimpé de plus de 60 % entre 2005 et 2007, notamment en raison du programme américain sur l’éthanol, qui s’est ajouté à la réduction des stocks dans de grands pays exportateurs.

La hausse des prix agricoles imputable à la demande en biocarburants est désormais au cœur du débat sur un conflit potentiel entre alimentation et carburant. Les céréales nécessaires pour remplir d’éthanol le réservoir d’une 4X4 (240 kg de maïs pour 100 litres d’éthanol) permettraient de nourrir une personne pendant un an ; la concurrence entre alimentation et carburant est donc bien réelle. La hausse du cours des produits agricoles de base peut sérieusement compromettre la situation des populations pauvres, qui sont pour la plupart acheteurs net de ces produits. Cependant, nombre de producteurs pauvres sont, de leur côté, vendeurs net, et bénéficieraient donc de cette hausse.

Avenir : les technologies biocarburants de seconde génération ne seront pas viables avant plusieurs années et ne règleront pas la concurrence entre biocarburants et cultures alimentaires

La technologie des biocarburants pourrait à l’avenir reposer sur des cultures uniquement destinées à la production énergétique et sur des déchets agricoles et forestiers, réduisant ainsi potentiellement les tensions sur les prix agricoles. Toutefois, les technologies de seconde génération permettant de convertir la cellulose issue de ces déchets en sucres, distillés à leur tour pour obtenir de l’éthanol, ou pour produire du gaz dérivé de la biomasse ne sont pas encore viables commercialement, et ne le seront pas avant plusieurs années. En outre, la concurrence entre biocarburants et cultures alimentaires autour des terres et de l’eau risque de demeurer.

Les bénéfices et les risques en termes sociaux, environnementaux et de sécurité énergétique dépendent du contexte national.
La moindre dépendance vis-à-vis des importations de pétrole, qui contribue à la sécurité énergétique, est l’un des principaux arguments en faveur du développement de la production de biocarburants. Les bénéfices environnementaux et sociaux qu’ils présentent sont également fréquemment cités pour encourager les pouvoirs publics à financer les programmes de biocarburants et à prendre des mesures incitatives en la matière. Ces bénéfices dépendent fortement du contexte national, mais souvent moins qu’on ne le pense généralement.

Quels bénéfices potentiels en termes de sécurité énergétique ?

En l’état actuel de la technologie, les biocarburants ne peuvent améliorer que marginalement la sécurité énergétique des pays, car la production agricole nationale ne répond qu’à une faible part de la demande en carburants. Le Brésil est une exception avec la production d’éthanol. Selon les projections récentes, 30 % de la production de maïs américaine pourrait être convertie en éthanol d’ici 2010, mais cela ne représenterait qu’à peine 8 % de la consommation d’essence du pays. Les technologies de seconde génération, qui utilisent la biomasse agricole, pourraient apporter une plus grande contribution à la sécurité énergétique.

Quels bénéfices potentiels pour l’environnement ?

Les bénéfices pour l’environnement doivent être évalués au cas par cas, car ils dépendent des émissions de gaz à effet de serre associées aux cultures, au processus de production des biocarburants et au transport des biocarburants vers les marchés. Or, selon la Stratégie de l’UE en faveur des biocarburants, publiée en 2006, des modifications dans l’utilisation des sols telles que la déforestation ou l’assèchement de tourbières pour produire, par exemple, de l’huile de palme, peuvent annuler pendant des décennies les avantages en termes de réduction des gaz à effets de serre.

Au Brésil, l’utilisation des sols n’a pas changé puisque que ce sont des terres cultivées qui ont été exploitées ; on estime ainsi que la production brésilienne d’éthanol réduit d’environ 90 % les émissions de gaz à effet de serre. Le biodiesel est également relativement efficace, puisqu’il réduit ces émissions de 50 à 60 %. En revanche, cette réduction n’est que de 10 à 30 % pour l’éthanol produit à partir de maïs aux États-Unis. Dans ce type de cas, pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, il serait sans doute beaucoup plus efficace en termes de coûts d’améliorer le rendement des carburants dans les transports plutôt que de produire des biocarburants.

Quels bénéfices pour les petits exploitants ?

Les biocarburants peuvent profiter aux petits exploitants en créant des emplois et en augmentant les revenus ; toutefois, ces bénéfices risquent d’être limités en l’état actuel des technologies :

  • La production d’éthanol requière la présence d’économies d’échelle assez importantes, ainsi que d’une intégration verticale, du fait de la complexité du processus de production dans les distilleries ;
  • De même, la production de canne à sucre s’effectue généralement à grande échelle, même si, au Brésil, des systèmes de type coopératives permettent aux petits exploitants d’y participer dans une certaine mesure.
  • La production de biodiesel à petite échelle pourrait répondre à la demande énergétique locale (par exemple à travers les groupes électrogènes fixes) ; mais les marchés plus importants nécessiteront une qualité constante qui ne peut être obtenue que par une production à grande échelle.

Il faut définir des politiques publiques en faveur des biocarburants

Jusqu’à présent, la production de biocarburants dans les pays industrialisés s’est développée à la faveur de droits de douanes élevés, associés à de fortes subventions. Pour les pays en développement qui produisent ou pourraient produire efficacement des biocarburants à destination de nouveaux marchés d’exportation rentables, de telles politiques sont coûteuses. En outre, les consommateurs pauvres paient plus cher les produits alimentaires de base, du fait de la hausse des prix des céréales sur les marchés mondiaux, une hausse largement liée aux distorsions créées par les politiques publiques.

Les pays en développement autres que le Brésil peuvent-il miser sur les industries des biocarburants ?

Dans le cas des technologies de première génération, il est rare que les conditions économiques favorables soient réunies et que les bénéfices environnementaux et sociaux justifient de fortes subventions. Dans certains cas, comme pour les pays enclavés importateurs de pétrole qui pourraient devenir de bons producteurs de canne à sucre, les coûts de transport élevés pourraient rendre la production de biocarburants viable, même avec les technologies actuelles. Les bénéfices potentiels beaucoup plus élevés des technologies de seconde génération, notamment concernant la production de biodiesel à petite échelle, justifient d’importants efforts de recherche privée et publique.

La difficulté pour les gouvernements des pays en développement consiste à éviter de soutenir la production de biocarburants par des mesures incitatives causant des distorsions susceptibles de faire disparaitre d’autres activités plus rentables, et à mettre en place une règlementation et des systèmes de certification réduisant les risques alimentaires et environnementaux liés à la production de biocarburants. Ils doivent donc évaluer attentivement les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux ainsi que les avantages en termes de sécurité énergétique.

Des systèmes de certification permettant de mesurer et d’indiquer les performances environnementales des biocarburants (par exemple, un indice vert des réductions des émissions de gaz à effet de serre) pourraient contribuer à réduire les risques environnementaux associés à la production de biocarburants à grande échelle. Cependant, pour être efficaces, ils nécessitent la participation de tous les grands producteurs et acheteurs, ainsi que la mise en place de solides dispositifs de contrôle.


Source : reprise d’une fiche publiée en Français sur le site de la Banque mondiale, sur cette page.

René Massé