L’électrification rurale pour le développement de 1995 à 2004

Bernard Devin et Michel Labrousse, contribution au séminaire international « Accès à l’énergie et lutte contre la pauvreté » de Ouagadougou (Burkina Faso), 2004.

Près de 10 ans après avoir organisé et animé le séminaire « Développement durable du monde rural : l’électrification décentralisée » de Marrakech (1995), les auteurs dressent un bilan de l’évolution du secteur de l’électrification rurale pour l’aide au développement.

René Massé

Le Cambodge, situation de l’électrification rurale et Fonds d’électrification rurale

Cette article, rédigé en 2005, dresse un état des lieux de la situation de l’électrification rurale au Cambodge. Dans ce pays rural, situé au coeur d’une région très dynamique, plus d’un millier d’entrepreneurs de réseaux électriques ruraux (REEs) ont pris l’initiative de développer et gérer des réseaux électriques décentralisés dans toutes les régions du pays. Ces réseaux, souvent anarchiques, sont peu performants, non sécurisés et n’alimentent que les plus riches des villageois. Ainsi, dès 2001, le (…)

Cette article, rédigé en 2005, dresse un état des lieux de la situation de l’électrification rurale au Cambodge.

Dans ce pays rural, situé au coeur d’une région très dynamique, plus d’un millier d’entrepreneurs de réseaux électriques ruraux (REEs) ont pris l’initiative de développer et gérer des réseaux électriques décentralisés dans toutes les régions du pays. Ces réseaux, souvent anarchiques, sont peu performants, non sécurisés et n’alimentent que les plus riches des villageois.

Ainsi, dès 2001, le gouvernement à mis en place un Fonds d’électrification rural (FER) afin d’aider les REEs à améliorer et développer des réseaux électriques performants, sécurisés et qui bénéficient au plus grand nombre (notamment aux ménages les plus pauvres).

Jacques Monvois, Gret

510 millions de dollars alloués au financement des énergies renouvelables au Pakistan

l’Asian Bank for Development (ADB) a alloué 510 millions de dollars US pour le développement les énergies renouvelables au Pakistan. Le développement de la petite hydroélectricité sera au cœur de cette politique de financement. Voir l’article (EN) de la revue reFOCUS (EN)

l’Asian Bank for Development (ADB) a alloué 510 millions de dollars US pour le développement les énergies renouvelables au Pakistan.

Le développement de la petite hydroélectricité sera au cœur de cette politique de financement.

Voir l’article (EN) de la revue reFOCUS (EN)

Jérome Levet

Histoire de l’électrification rurale aux États Unis

Massé, René. Paris : Gret, 2005, 108 p. Extrait de la collection Études et travaux en ligne, n° 3

La deuxième moitié du XIXème siècle est marquée par une période de croissance extraordinaire aux Etats-Unis : la population augmente de 20% par décade entre 1860 et 1910. La demande de services publics (eau, communication, énergie) explose tandis que leurs prix baissent. A cette époque, la distribution en courant continu limite à un mile environ la longueur des lignes de distribution électrique, ce qui favorise les petits distributeurs en zone d’habitat dense ; vers 1890, 28 distributeurs électriques proposent leurs services à la seule ville de Chicago. Ce n’est qu’au milieu des années 1890 que les partisans du courant alternatif l’emportent, arguant de la meilleure rentabilité financière d’une production centralisée et de la réduction des pertes de transport en ligne de l’énergie alternative haute tension. C’est le début de l’industrie électrique.

En 1899, seulement 3% de l’électricité utilisée dans les entreprises était achetée à des producteurs privés ; en 1909, ce taux était passé à 36% et dix années plus tard, à 57%. Ainsi, l’électricité remplaça l’énergie des chaudières et des cours d’eau dans l’approvisionnement de l’industrie américaine. Au début de la première guerre mondiale, la plus part des agglomérations avaient conclu des contrats d’exclusivité avec des entreprises privées pour produire et distribuer l’électricité sur le territoire communal.

Dès le début des années vingt, les salaires repartent à la hausse, soutenant le pouvoir d’achat des familles urbaines. La demande accrue du marché domestique urbain relayant celle des entreprises, l’industrie électrique se développa rapidement. Un « cercle vertueux » se met en place ; la consommation d’électricité augmente, les sociétés électriques réduisent leurs tarifs, générant de nouvelles demandes… Les perspectives de profits importants attirent alors les faveurs de la bourse, ce qui favorise l’émissions de titres nécessaires à la capitalisation des sociétés électriques et à leur renforcement (et prolifération) en holdings gigantesques. En 1924, sept holdings Cies contrôlent 40% de la capacité nationale de production électrique, et les 16 premières holdings Cies représentent les _ de cette capacité ; même les grandes régies municipales dépendent de ces producteurs et transporteurs privés pour leur approvisionnement en énergie électrique. Après une période d’expansion et de prolifération d’opérateurs, le secteur électrique connaît une période de consolidation dans un petit nombre de holding Cies,… jusqu’au crack boursier de 1929.

A partir de l’effondrement boursier du 29 octobre 1929, et jusqu’à l’entrée en guerre en 1941, les États Unis vont traverser une très difficile période de dépression économique et de véritable dislocation sociale ; entre 1929 et 1933, le produit national brut chute de 103,1 à 55,6 milliards de dollars, tandis que les salaires perdent 35% en moyenne et jusqu’à 90% pour certains. Le taux de chômage en 1933 avoisine les 25%. Les entreprises font faillite à un rythme inquiétant. Dans tout le pays, les fermes arrêtent leur activité et sont saisies, victimes de la chutes des prix et de la sécheresse : partout, le monde rural se désertifie. L’industrie électrique n’est pas épargnée ; de 1929 à 1935 le taux national de familles raccordées cesse de croître et stagne à 68% avant de reprendre sa progression au rythme de 2% par an, contre près de 4% avant la crise. En 1930, l’inégalité sociale ville – campagne n’est pas atténuée ; si 90% des familles urbaines sont raccordées au réseau, seulement 10% des familles rurales le sont.

C’est dans ce contexte dépressif que Franklin D. Roosevelt est élu Président en 1932….

L’histoire de l’électrification rurale des Etats-Unis nous est racontée ainsi jusqu’à nos jours, traversant tour à tour le « New Deal » véritable révolution culturelle des Etats-Unis, la création le 18 mai 1933, de la Tennessee Valley Authority (TVA), chargée de promouvoir le développement rural d’une région défavorisée… et surtout, cette date du 11 mai 1935, qui marque la naissance de l’électrification rurale aux États-Unis.

Cette étude de cas se poursuit de cette façon synthétique jusqu’à nos jours, et se termine par une analyse sur les leçons à retenir pour concevoir aujourd’hui des programmes d’électrification rurale dans les pays qui en sont encore dépourvus.

René Massé

Poursuite du programme Énergie Intelligente II de la Commission européenne jusqu’en 2013

Une enveloppe d’environ 640 millions d’euros sera allouée au programme.

Les États membres de l’Union Européenne ont décidé le 12 octobre 2006 d’initier un programme de Compétitivité et d’Innovation Européenne pour la période 2007-2013.

Dans ce cadre, une enveloppe d’environ 640 millions d’euros sera allouée au programme Énergie Intelligente II qui poursuit donc ses activités.

Forum global sur l’énergie durable

6ème réunion du GFSE consacrée exclusivement à l’Afrique, 29 novembre au 1er décembre 2006 à Vienne, en Autriche.

En réponse à de nombreuses initiatives en provenance du continent africain et de la communauté de bailleurs de fonds, la 6ème réunion du GFSE sera entièrement consacrée à l’Afrique.

Elle se propose de rassembler les représentants des différentes filières thématiques et régionales avec les experts financiers. Ils tenteront d’identifier les voies et moyens pour supporter les aspirations africaines lors de la prochaine 15ème Session de la Commission du développement durable en mai 2007 à New York.

Centres d’intérêts régionaux

  • Développements récents en Afrique
  • Accent particulier sur la Communauté Économique d’Afrique de l’Ouest
  • Accent particulier sur la Communauté de Développement de l’Afrique Australe
  • Accent particulier sur la Communauté d’Afrique de l’Est (Initiative du Bassin du Nil) et sur la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale

Centres d’intérêts thématiques

  • Le développement de l’hydroélectricité en Afrique
  • La biomasse, et en particulier les biocarburants, en Afrique
  • Les opportunités d’application des Mécanismes de Développement Propre en Afrique

> Preliminary Program and Online-Registration (english)

Un projet d’électrification rurale en Mauritanie (1995-2000) : Alizés Électrique : histoire et enjeux d’une tentative de construction d’un service durable

Matthieussent, Sarah ; Carlier, Rodolphe ; Lavigne Delville, Philippe
Paris : Gret, 2005, 133 p. + annexes Etudes et travaux en ligne, n° 6

Entre 1995 et 2000, le Gret a conçu et mis en oeuvre un projet d’électrification décentralisée en Mauritanie, le projet « Alizés électrique ». Cette expérience d’électrification décentralisée, nouvelle pour la Mauritanie, paraissait prometteuse, mais une succession d’aléas institutionnels a empêché la poursuite des actions de terrain après seulement deux ans d’intervention.

L’effondrement du dispositif a été progressif au fur et à mesure de pannes qui s’accumulaient sans que les responsables locaux arrivent à y faire face faute d’un dispositif de maintenance qui n’avait pu être mis en place par manque de temps.

Pour comprendre les causes de cet échec, les auteurs reviennent sur le déroulement historique du projet et questionnent les choix techniques et institutionnels qui ont été faits. L’accent est mis ici sur la démarche d’expérimentation, les dispositifs institutionnels et les modalités de mise en oeuvre de l’action, questions qui sont – avec d’autres – au coeur des débats sur les limites de l’aide par projet et la façon d’utiliser l’outil « projet » dans une perspective de construction institutionnelle. Restituant un travail de capitalisation rétrospective, cette étude ouvre une réflexion sur les stratégies d’intervention en matière d’électrification rurale, mais pas uniquement.

> Commander sur le site du Gret

Gret

20e Congrès mondial de l’énergie – Rome 2007

Premier appel à des publications et posters.

Du 11 au 15 novembre 2007, Rome va accueillir le 20e Congrès mondial de l’énergie organisé tous les trois ans par le Conseil mondial de l’énergie (World Energy Council).

Le Conseil mondial de l’énergie est aujourd’hui l’organisation multi-énergie la plus importante au monde. C’est une organisation non gouvernementale, accréditée par les Nations Unies, qui dispose de comités membres dans plus de 90 pays. Sa mission est de promouvoir l’approvisionnement et l’utilisation durable de l’énergie au bénéfice de tout le monde.

Ce congrès se tiendra en Italie pour la première fois. Il présentera également une exposition technique.

Pour plus d’informations, rendez vous sur le site du Conseil mondial de l’Énergie à la page : http://www.rome2007.it ou contactez le Secrétariat d’organisation à l’adresse : organisingsecretariat@rome2007.it

Histoire de l’électrification rurale en France

Massé, René. Paris : Gret, 2005, 108 p. Extrait de la collection Études et travaux en ligne, n° 3

A la fin du XIXème siècle, en pleine période de développement économique, les villes s’éclairent tandis que les villages restent dans l’obscurité. Pour les notables ruraux, il est évident que le marché de l’électrification rurale n’attirera pas spontanément les capitaux privés des entreprises d’électricité. Ils vont donc prendre l’initiative d’engager les communes dans le processus d’électrification, pour assurer d’abord l’éclairage public, puis la fourniture d’électricité aux citoyens. Les zones rurales ne seront pas électrifiées, elles s’électrifieront par elles-mêmes.

Et l’État ? Il suit ! Pendant toute cette période d’initiation, et pratiquement jusqu’en 1923, l’État légifère, régule, contrôle, mais ne s’engage pas de façon décisive. En 1900, le Conseil d’État admet la création de régies municipales d’électricité… sur le modèle de celles qui, de fait, existaient déjà. Une loi de 1920 crée les Sociétés d’Intérêt Collectif Agricole d’Electricité (SICAE) pour donner un statut opérationnel aux coopératives électriques créées spontanément par les fermiers. Au début du XXème siècle l’État commence à s’impliquer financièrement ; ses institutions financières (et en particulier la Caisse des Dépôts et Consignations et le Crédit Agricole) accordent des avances aux départements et collectivités locales pour financer leurs investissements. Mais ces subventions publiques indirectes ne sont pas déterminantes, et l’État évite de s’engager en risque, exigeant des collectivités locales bénéficiaires qu’elles garantissent les emprunts sur leur budget communal, à charge pour elles de répercuter les frais financiers sur les tarifs, voire d’appliquer un impôt local. En échange, les collectivités locales se voient reconnaître en 1906 l’Autorité concédante.

La loi du 2 Août 1923 définit les modalités de subvention de l’électrification rurale par l’État. Le Trésor public financera un régime d’avances à l’Office national de crédit agricole, à charge pour le Crédit agricole d’allouer ces subventions d’État aux Régies d’électricité et aux SICAE exclusivement. Les entreprises privées ne seront pas aidées financièrement. Jusqu’en 1936, la France n’aura pas à proprement parler UN mécanisme de financement de l’électrification rurale, unifié et consistant, mais toute une panoplie de lignes de financement.

A partir de 1923, le volume de subventions d’État à l’électrification rurale progressera de façon continue et ininterrompue pendant une vingtaine d’années. A la fin de 1940, le montant total des dépenses engagées s’élevait à plus de 8 milliards de francs sur lesquels la part de l’État représentait 3,372 milliards accordés au titre de subventions et 700 millions à titre d’avances à taux réduit », soit une subvention globale de l’État supérieure à 50% pendant près de vingt ans.

Les résultats sont éloquents : en 1932, on dénombre 1163 régies municipales et environ 1 600 syndicats intercommunaux ; la même année, 80% des communes françaises sont électrifiées. Cinq ans plus tard, 96% des communes et près de 90% de la population ont l’électricité.

L’histoire se continue avec, le Front populaire qui créé le Fonds d’Amortissement des Charges d’Electrification (FACE), dans sa loi de finance de décembre 1936, « pour alléger les charges communales et départementales d’électrification »… mais aucunement pour se substituer à ces financements publics locaux. Puis éclate la seconde guerre mondiale…

Cette étude de cas se poursuit de cette façon synthétique jusqu’à nos jours, et se termine par quelques analyses sur les leçons à retenir pour concevoir aujourd’hui des programmes d’électrification rurale dans les pays qui en sont encore dépourvus.

René Massé

Réseau de type GECO (Groupe Electrogène-ECOnomie d’énergie)

Gret ; Apave. 1996

La commune française de Nancy, qui appuie son développement et souhaite participer au projet d’électrification. Tighent a déjà bénéficié d’une expérimentation d’un réseau 48 V alimenté par un aérogénérateur de 1 000 W pour alimenter quelques boutiques.

Le Gret a une collaboration avec Tighent et Nancy depuis plusieurs années, le dispensaire a déjà été électrifié par un aérogénérateur de 250 W ( voir fiche expérience projet Alizés Santé).

Apave a mis au point une méthodologie de réalisation de mini-réseau alimenté par des petits groupes électrogénes. Apave a déjà réalisé plusieurs villages en Côte d’Ivoire de type Géco et a présenté son expérience au séminaire du 13-17 novembre à Marrakech. L’équipe du Gret a invité Apave à venir en Mauritanie pour étudier le contexte locale et faire une installation pilote de type Géco.

Réalisation

La production est assurée par un aérogénérateur de 2,5 kW et un groupe électrogène de 4,5 kVA. Une batterie de 900 Ah de 24 V assure le stockage de l’énergie en provenance de l’aérogénérateur. Un convertisseur transforme le courant continu de la batterie en courant alternatif pour l’alimentation du réseau. Un compteur d’énergie active monophasé permet de mesurer la consommation globale du village. Un compteur horaire permet de mesurer le nombre d’heures de fonctionnement du groupe et de programmer les opérations d’entretiens. L’équipement du réseau par une source énergie renouvelable éolienne entraîne un surcoût de l’investissement de 35 %. La distribution est monophasée de régime TT pour l’ensemble de la distribution avec utilisation de câble armé à 3 conducteurs ( phase, neutre, terre ). Le câble principal est de 3×6 mm2. Le câble du réseau secondaire est du HFG de 3×6 mm2. La distribution terminale à partir des tableaux de répartition est en câble armé HFG de 3×1,5 mm2.

Des tableaux de répartition sont répartis sur le réseau, ils jouent le rôle de coffret d’alimentation, de protection et de jonctions. Chaque abonné est alimenté par un câble armé de 3×1,5 mm2 à partir d’un fusible calibré entre 0,5 et 2 A qui contrôlent la puissance fournie. Si nécessaire en fonction des installations des condensateurs sont installés pour compenser des réglettes fluorescentes ( à raison de 1,5 uF par réglette).

La protection des personnes est réalisée par un disjoncteur différentiel de 300 mA sélectif au départ du réseau ( armoire du local technique). Des interrupteurs différentiels de 300 mA sont installés dans chaque tableau. La protection foudre est assurée au niveau de l’armoire générale du groupe électrogène et à chaque extrémité de la ligne principale au niveau des tableaux divisionnaires par des parafoudres protégés par des coupe circuit avec fusible de 10 AgG. Chaque tableau est relié à la terre.

Les installations intérieures : l’alimentation en câble armé HFG 1000 arrive à une boite de dérivation de type Plexo Legrand. Les installations intérieures sont réalisées en câble apparent AO5VV-U de section 3×1,5 mm2 fixé par attache. L’appareillage intérieur est du type Galion Legrand (interrupteurs et prise de courant).

Les points lumineux sont équipés soit de mini-réglettes fluorescentes de 10 W : 130 ont été installées. Pour les appareils audiovisuel 15 prises ont été installées.

L’éclairage public

L’éclairage public a été fourni par la commune de Nandy , il est «  »un peu » » luxueux par rapport au réseau Géco et surtout très coûteux : 108 000 FF ! L’éclairage publique a été réalisé avec des candélabre en acier galvanisé de 3 m, des boules claires en polycarbonates et des lampes fluorescentes de 20 W. Chaque lampadaire est relié à un tableau comme un abonné avec un fusible.
Une entreprise Electricité de Mauritanie (EDM) a été formée par Apave pour réaliser les installations Géco. Un ingénieur d’Apave a réalisé l’étude technique à partir des plans fournis, il a mis en place l’équipe d’installation et a réalisé la réception finale.

Gret