De la Méditerranée aux rives du Mékong, les actions 2016 du GERES

RA2016-couverture2016 a été un point d’étape important et symbolique pour le GERES (Groupe Energies Renouvelables, Environnement, Solidarités) qui a fêté ses 40 ans. Depuis 4 décennies, cette ONG agit pour favoriser l’accès à une énergie durable et l’appropriation de technologies sobres en carbone, améliorer les conditions de vie des plus pauvres, préserver l’environnement et limiter les changements climatiques.

En 2016, 75 actions ont été conduites dans 22 pays en Afrique du Nord et de l’Ouest, en Asie centrale et du Sud-est, et en Europe, notamment en région PACA. Des  hammams durables au Maroc, des serres solaires passives en Mongolie et en région PACA, des cuiseurs solaires en Afghanistan, une rénovation énergétique à Aix ou une zone d’activités électrifiée au Mali sont quelques-unes des actions sur le terrain.

3600 entrepreneurs ont été soutenus ou accompagnés. Pour 350 000 bénéficiaires directs et 1 600 000 bénéficiaires indirects.

Mais le GERES n’agit jamais seul. Cette mission a pu être accomplie grâce au soutien continu de ses partenaires techniques et financiers et à l’engagement de ses 169 collaborateurs. En 2016 encore, le GERES a pu compter sur l’appui et la collaboration de 71 partenaires financiers (17 fondations et fonds de dotation, 12 entreprises, et de nombreux soutiens publics régionaux, nationaux et internationaux) et 105 partenaires techniques pour mener à bien ses projets sociaux et environnementaux en Europe, en Afrique et en Asie.

Mauritanie : les vertus d’un mal. Un film d’Arte sur le charbon issu du typha

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Une simple plante sauvage : le Typha. Issue de la famille des roseaux, elle prolifère le long des rives du fleuve Sénégal.

Dans les années 80, la mise en service du barrage du Diama a bouleversé l’écosystème du delta. Certaines espèces animales et végétales ont totalement disparu. La présence du Typha bloque aujourd’hui les canaux d’irrigation, empêche une bonne circulation de l’eau du fleuve, ce qui favorise le développement des moustiques et des maladies.

La chaîne de télévision franco-allemande Arte a diffusé le 4 juin 2016 un reportage réalisé en Mauritanie sur le projet Typha, qui vise à lutter contre la déforestation et l’invasion du fleuve Sénégal par le typha, une plante de la famille des roseaux.

Le Gret, l’Iset de Rosso et le Parc national du Diawling expérimentent l’idée innovante de transformer le typha en énergie verte : un charbon écologique, alternative au charbon de bois dans un pays où il est encore majoritairement utilisé. Le documentaire présente l’évolution du projet, depuis l’apparition de la plante invasive et ses conséquences, jusqu’à la semi-industrialisation du processus de production du charbon et ses perspectives.

Film de 24′ produit par la chaine de TV Arte. De Feurat Alani, James de Caupenne, Jacques Santiago Avalos – ARTE GEIE – In Sight Films – Emirats Arabes Unis 2016

Prix Convergences 2017 : l’énergie est un des 3 thèmes retenus cette année

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Chaque année depuis 2011, les Prix Convergences récompensent les projets de partenaires solidaires, publics et privés, engagés pour un avenir équitable et durable et un monde « Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté ». Les Prix Convergences sont ouverts aux projets qui sont portés par une entité solidaire en partenariat avec une entité publique et/ou une entité privée. Ces projets doivent démontrer un fort impact social et/ou environnemental et avoir un caractère innovant et réplicable.

En 2017, une dimension thématique est introduite dans la sélection. Les projets doivent porter sur un des thèmes choisis pour l’année :

  • Consommation et production responsable
  • Eau et assainissement
  • Énergie propre et abordable

avec 3 catégories : prix France, prix International, prix « jeunes pousses »

Déposez votre candidature du 15 février au 15 mars. Votre candidature est à compléter et renvoyer (au format word ou PDF) à l’adresse email awards@convergences.org avant le 15 mars 2017 à minuit. Pour tout renseignement, écrivez-nous à l’adresse e-mail : awards@convergences.org ou contactez-nous au 01-42-65-78-85.

Les paiements pour services environnementaux : de la théorie à la mise en oeuvre, quelles perspectives dans les pays en développement ?

Les paiements pour services environnementaux (PSE) sont aujourd’hui incontournables dans les politiques d’environnement et de développement. Leurs contours apparaissent cependant très flous, conduisant à de nombreux amalgames, pouvant même laisser croire que tout instrument à visée environnementale, prévoyant un transfert monétaire, serait un PSE.

Pour clarifier le débat, l’analyse proposée définit tout d’abord les spécificités d’un PSE : il s’agit d’un instrument qui vise à agir sur les pratiques des producteurs dans un sens favorable à l’environnement, en misant sur leur adhésion volontaire, obtenue par un paiement. Il se différencie en cela des approches qui reposent sur une contrainte s’exerçant sur les producteurs, que celle-ci soit réglementaire, ou qu’elle leur impose de payer pour compenser les effets négatifs de leur activité.

L’archétype de cette démarche consiste alors en un accord volontaire contractuel et bilatéral, entre un groupe de bénéficiaires de services environnementaux (SE) et un groupe de producteurs. Si l’on en trouve divers exemples, un grand nombre de PSE s’en écartent, lorsque les paiements ne sont pas sollicités auprès d’usagers de SE conscients de ce paiement, et plus encore lorsqu’ils proviennent des contributions obligatoires des contribuables.

Ces distinctions ont conduit à définir puis illustrer une « cartographie » qui situe les différents types de PSE entre eux, d’une part, et à l’intérieur du champ des instruments de politique publique environnementale, d’autre part.

Jacques Monvois

Réduire "l’intensité énergétique" a un impact très important sur la réduction des émissions de CO2

Cette nouvelle étude de la Banque mondiale, conduite dans plus de 100 pays, montre que, sur la période 1994 – 2006, la réduction de la quantité d’énergie requise pour produire une unité de Produit intérieur brut (PIB), en particulier dans le secteur des services, a été le plus important contributeur à la réduction des émissions de CO2.

L’étude s’est intéressée à plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer les variations d’émissions de CO2, en particulier:

  • l’intensité de carbone du mélange de combustibles fossiles ;
  • la part de combustibles fossiles dans l’énergie totale consommée ;
  • la quantité d’énergie requise pour produire une unité de PIB (intensité énergétique) ;
  • le PIB par habitant, et
  • la population.

Le rapport montre que :

  • les performances varient beaucoup d’un pays à l’autre, y compris entre pays d’un même niveau de revenu;
  • la croissance du PIB et celle de la population contribuent le plus à l’accroissement net des émissions ;
  • réduire l’intensité énergétique contribuent le plus à la diminution nette des émissions. En particulier, l’étude indique que sur la période analysée, la réduction de l’intensité énergétique dans le secteur des services a permis de réduire les émissions de 2,6 milliards de tonnes de C02, alors que, dans le secteur industriel, elle a permis une réduction de 0,7 milliards de tonnes.

Toutes choses étant égales par ailleurs, l’augmentation du pouvoir d’achat dans les pays s’accompagne d’un accroissement des émissions de CO2. Ces effets peuvent être minimisés en diminuant l’intensité carbone dans la répartition entre les différentes formes d’énergies utilisées, par le recours à des énergies renouvelables, et par la réduction globale de l’intensité énergétique dans l’économie.

Cette étude rappelle que, sur la période considérée, de nombreux pays en développement n’émettaient que très peu de CO2 par habitant. A l’avenir, le développement de ces pays ne pourra se faire qu’en augmentant leurs émissions de CO2.

« Changes in CO2 Emissions from Energy Use : a Multi-country Decomposition Analysis »

Masami Kojima and Robert Bacon, de la Banque mondiale, Division Oil, Gas and Mining Policy, Banque mondiale, 2009, 100 pages

 

Etablissement de plantations de Jatropha – Itinéraire technique

Face à la montée en flèche des prix du pétrole et au risque que fait peser sur la sécurité alimentaire la conversion de céréales en biocarburants, le Jatropha a été présenté comme une plante miracle : robuste, peu exigeante, résistante aux parasites et maladies, elle apparaissait capable de valoriser des sols dégradés, dans des conditions environnementales difficiles.

Les premières expériences au niveau local, confortées par des travaux récents d’instituts de recherche internationaux, invitent cependant à relativiser un tel enthousiasme. Ainsi :

  • Une synthèse du CIRAD sur la production d’huile végétale en Amérique du Sud (‘Guide technique pour une utilisation énergétique des huiles végétales‘) souligne qu’il n’existe ‘que quelques recherches en cours d’élaboration sur de possibles investissements qui permettraient de développer une culture commerciale‘.
  • Une étude réalisée par Plant Research International (université de Wageningen), intitulée ‘Claims and Facts on Jatropha‘, attire l’attention sur le fait qu’à ce jour aucun résultat de travaux scientifiques n’a validé la capacité du Jatropha à produire de hauts rendements d’huile dans un contexte de production à grande échelle.
  • Enfin, une autre publication du CIRAD, intitulée ‘Ecobilans de biocarburants, revue des controverses et enjeux agronomiques mondiaux‘ montre que la contribution réelle d’une filière biocarburant aux objectifs de réduction de la dépendance des économies aux énergies fossiles et d’atténuation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre dépend beaucoup des choix qui sont fait tant au niveau de la gestion des plantations que de la transformation des produits et sous-produits qui en sont extraits.
  • Dans un article intitulé ‘Jatropha Oilseed Production : A Realistic Approach‘, J.N. Daniel conclut que la promotion de schémas de développement basés sur la production de biocarburant à partir de Jatropha ne peut réussir que si elle s’appuie sur des programmes dont les objectifs sont réalistes.

Les agro-industries internationales qui s’intéressent à ces nouvelles filières investissent d’énormes moyens pour maîtriser cette production selon des schémas qui resteront inaccessibles à de petits agriculteurs.

La compétition entre le développement de filières industrielles de production biodiesel et filières locales de production d’huile végétale pure est engagée à armes inégales. Néanmoins il reste indéniable que le développement de filières locales de production de biocarburant à partir de Jatropha constitue une opportunité unique pour les paysans des pays en développement : il leur permet de briser à la fois les dépendances économiques et énergétiques qui les maintiennent dans un état de pauvreté.

Malgré des ressources limitées, notre responsabilité est d’accompagner dans la capitalisation de leur expérience les paysans qui nous ont accordé leur confiance, de mobiliser les connaissances qui nous sont accessibles pour les aider à développer avec prudence leur propre système de gestion de plantations de Jatropha.

C’est dans cette perspective que le programme EESF, sur la base d’échange d’expérience avec d’autres porteurs de projets similaires en Afrique de l’Ouest, a élaboré pour le compte de la Fédération des Producteurs de Tabanani de Foundiougne un itinéraire technique pour l’établissement de nouvelles plantations au cours de l’hivernage 2009.