Le biocarburant pèse lourdement sur l’empreinte eau

Une étude présentée en juin 2009 par des chercheurs de l’Université de Twente aux Pays-Bas, montre que la quantité d’eau nécessaire pour cultiver la biomasse destinée à fabriquer des biocarburants est nettement supérieure à celle consommée pour produire d’autres formes d’énergie. l’étude a porté sur douze produits agricoles qui contribuent le plus à la production de biocarburants actuellement. Ainsi, le Jatropha bien que possédant un excellent rendement énergétique a besoin de 20 000 litres d’eau pour produire un litre de biodiesel.

Les chercheurs se sont basés sur l’empreinte d’eau provenant de treize cultures différentes. Par empreinte, il faut comprendre le volume d’eau (d’irrigation et/ou de pluie) requis par gigajoule de production d’énergie.

Ainsi, un litre de biodiesel fabriqué à partir de cultures à base de colza ou de soja, nécessite en moyenne 14 000 litres d’eau, le Jatropha encore davantage (20 000 l). !

Autre constatation : la betterave à sucre possède la plus petite empreinte d’eau. Utilisée dans la fabrication d’éthanol, elle a besoin de 1 400 litres d’eau. En revanche, la canne à sucre a besoin de 2 500 litres d’eau pour produire un litre d’éthanol.

Dans ce mode de production d’énergie, le climat et les process de production diffèrent suivant les régions : l’étude a donc choisi d’effectuer les calculs par pays et par cultures.

L’étude a également révélé que la production d’électricité à partir de la combustion « biomasse » possède une plus faible empreinte sur l’eau que la production de biocarburants (un facteur 2). Cela est du au fait que la combustion valorise toute la biomasse utilisée, alors que la production des biocarburants (de première génération) n’en transforme qu’une partie en énergie.

L’empreinte eau du bioéthanol est plus faible que celle du biodiesel.

En corrélant la consommation d’eau d’une culture spécifique à un endroit géographique et aux données climatiques, les chercheurs ont indiqué être en mesure de sélectionner la région la plus appropriée à sa production. Cette approche permettrait d’éviter de compromettre la production alimentaire dans certaines régions du globe subissant des problèmes d’approvisionnement en eau.

Les résultats sont publiés dans un article de cette édition PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), du 23 Juin 2009. La méthodologie et les données utilisées sont détaillées sur cette page additionnelle du PNAS (en anglais).

« The water footprint of bioenergy »

Winnie Gerbens-Leenesa, Arjen Y. Hoekstraa et Theo H. van der Meerb, University of Twente, Cornell University, 2009

Afrique : biocarburants et sécurité énergétique en Afrique

Cette présentation montre que les biocarburants sont disponibles en abondance sous diverses formes dans presque toute l’Afrique. Correctement exploités, ceux-ci pourraient jouer un rôle majeur dans l’approvisionnement énergétique des villages.

« Afrique : Biocarburants et sécurité énergétique en Afrique »

Auteur : Heinz Leuenberger

Co-auteur : Norbert Wohlgemuth

Présentation Powerpoint de 15 diapositives en anglais

Date : 16/04/2007

Les biocarburants basés sur les systèmes énergétiques ruraux peuvent non seulement aider à combattre la pauvreté en matière d’énergie mais peuvent aussi contribuer à sa réduction en étant associés à des usages productifs. Les nouvelles technologies telles que la bio-gazéification peuvent accroître l’électrification rurale et servir pour les applications de chauffage à effet mémoire de forme (SME), tandis que les biocarburants liquides tels que le bioéthanol et le diesel peuvent répondre aux besoins croissants des transports.

L’ONUDI (Organisation des Nations unies pour le développement industriel), en collaboration avec ses partenaires et les États membres, peut contribuer à maximiser les bénéfices issus de la filière des biocarburants.


Source : article publié sur le site du Centre Technique Agricole de Wageningen (CTA) le 27 juillet 2007, avec le document en libre téléchargementici.

René Massé

L’huile de palme et la déforestation

L’huile de palme peut être utilisée comme un biocarburant efficace. Or, suivant les modes de production, la fabrication d’huile de palme peut avoir des impacts environnementaux et sociaux plus ou moins négatifs. Ce document présente les conclusions d’une recherche et fournit des orientations pour concevoir une procédure européenne de traçabilité de l’huile de palme destinée à être importée en Union européenne.

Rapport de recherche rédigé par Friends of the Earth sur la filière de commercialisation de l’huile de palme dans le monde et ses impacts dans les pays producteurs.

Greasy palms – palm oil, the environment and big business
Auteur : Friends of the Earth
28 pages en anglais

Le commerce international d’huile de palme est une des causes de la déforestation dans le monde. Ce rapport rédigé par l’ONG Les amis de la Terre (Friends of the Earth en anglais) est le résumé d’une recherche réalisée en Indonésie, en Malaisie et aux Pays Bas sur les impacts de le production d’huile de palme en Indonésie, le lien avec les marchés européens et l’implication des entreprises du Royaume Uni.

Les impacts sont divisés en quatre catégories :

- déforestation

- feux de forêts

- pollution des sols et des eaux

- propriété foncière

Il en ressort que pour limiter les impacts environnementaux et sociaux liés à la production d’huile de palme, la Commission Européenne devrait imposer aux entreprises européennes une traçabilité de l’huile de palme qu’elles utilisent dans leurs procédés, ce qui faciliterait la connaissance de l’origine et des conditions dans lesquelles l’huile a été produite. Ce document met par ailleurs en évidence et attire l’attention du lecteur sur les problèmes rencontrés ailleurs et pourrait lui permettre de mieux apprécier les demandes d’autorisation de création ou d’extension des plantations d’huile de palme.

Pépin Tchouate